IDJWI était un des greniers de ces deux villes et du RWANDA.
L’agriculture était très diversifiée :
• arachide, maïs, sorgho, soja, canne à sucre…..
• haricots, choux, carottes, pommes de terre, patates douces, manioc, ignames, oignons, ails, tomates…
• avocats, mangues, oranges, fruits de la passion, papayes, prunes, ananas (production de jus d’ananas).
• tous types de bananes (légumes, desserts et utilisées pour la production locale de bière appelée Kasigsi)
La culture du bananier était essentielle comme la vigne l’est pour l’Occident. A IDJWI chaque famille avait sa bananeraie ; c’était une des principales ressources financières lorsqu’elle vendait des bananes, de la bière de bananes ou les exportait au Rwanda.
Hélas, une maladie ravageuse a presque tout décimé. Plusieurs ont tenté de réintroduire d’autres espèces de bananiers qu’ils pensaient plus résistantes mais sans grand succès.
Grâce à la culture du bananier, l’île s’appelait « Idjwi la verte ». Les maisons, à perte de vue, semblaient cachées, couvertes comme par une sorte de haie verdoyante, comparable à de belles vignes bien taillées, comme celles de Pomerol, Saint-Emilion ou Montagne Saint-Emilion….. Ce beau paysage n’existe plus !
Les feuilles des bananes étaient un engrais naturellement bio. A cause de cette catastrophe le sol ne produit presque plus rien. Quelle détresse pour la population ! – Imaginez-vous, la France, l’Espagne ou l’Italie privées de leurs prestigieuses vignes… quelle catastrophe ce serait pour les viticulteurs, l’économie européenne et même mondiale !
Bref, à IDJWI tout poussait sans engrais ni pesticides, du « bio à l’état pur ». Une île où l’on n’aurait jamais imaginé qu’il y aurait un jour un cas de MALNUTRITION.
Le lac Kivu permettait de penser qu’il pouvait assurer la survie de la population grâce à la pêche des poissons : tilapias, anguilles, sardines, fretins… mais hélas à cause de la surpêche des petits poissons et le manque de filets adaptés pour les gros poissons, il n’en n’est rien. Certains tentent l’élevage de poissons nourris par des produits dont on ne connait ni l’origine, ni la composition, ni les conséquences à venir pour la santé.
Sur l’île d’IDJWI on élevait aussi du petit et gros bétail : vaches, porcs, chèvres, moutons, cochons d’Inde – des volailles : dindes, poules, canards…
Une île qui abritait une faune, une flore, une biodiversité impressionnante, entre autres la forêt Nyamusisi où vivait une diversité de primates, d’oiseaux uniques au monde. Cette forêt a été rasée par la présence des réfugiés rwandais à la recherche de minerais, de braises, de bois de chauffage et à la chasse des animaux sauvages… Aujourd’hui il ne reste plus rien. Les quelques singes qui ont échappé ont trouvé refuge dans des grottes qui ne sont pas leur habitat et leur milieu naturel.
Bref, IDJWI était une île qui avait une allure paradisiaque où actuellement la population vit dans la souffrance et la misère.
L’île se situe aussi dans le paradoxe de l’ensemble du pays : un pays parmi les plus riches du monde où la population est la plus pauvre, la plus misérable, la plus martyrisée et massacrée du monde.
Soulignons aussi le pillage des ressources minières et ses conséquences.
Pour tenter de comprendre l’origine de ce paradoxe et le drame de ce peuple, visualisez :
• les films « La Chute de Mobutu » - « Le Viol, une arme de guerre au Congo » - « L’Empire du silence »
• le reportage « Du sang dans nos portables » .
Peut-être, avez-vous entendu parler du docteur Denis MUKWEGE, prix Nobel de la paix 2018, surnommé « l’homme qui répare les femmes » victimes de viols atroces. Les criminels s’en prennent également aux enfants, pensant qu’en les violant ils vont guérir de leurs maladies (SIDA ou autres).
Le peuple congolais espère que le récent voyage du Pape en République Démocratique du Congo, du 31 janvier au 3 février 2023, a alerté l’opinion internationale sur les drames que vit le pays : massacres, génocides, crimes, viols, mutilations, égorgements, des milliers de morts, pillages des ressources, recrutement des enfants soldats, villages incendiés, milliers de refugiés parfois sans assistance avec ce que cela implique comme famine, maladies de toutes sortes, la malnutrition, les enfants en étant les principales victimes.
Ce bref contexte du pays, plus particulièrement de la région du KIVU située à l’Est, vous donne une idée de la motivation de notre fondation.
Le peuple d’IDJWI étant insulaire, les hommes tentent d’aller chercher ailleurs de quoi nourrir leur famille, risquant leur vie dans des embarcations de fortunes avec comme conséquence les noyades, laissant derrière eux des veuves et orphelins sans assistance… D’autres abandonnent leur famille pour aller très loin chercher du travail dans des carrières minières pensant être embauchés…. la plupart ne reviennent plus… D’autres reviennent une fois l’an, parfois les poches vides. Pendant leur absence la famille est restée sans aucune ressource, d’où une autre cause de malnutrition. D’autres encore ont pu cultiver leur terre, si ils ont la chance de récolter quelque chose ils vendent tout pour acheter des aliments dépourvus de nutriment afin de remplir uniquement le ventre… d’où malnutrition.
Cette malnutrition n’est absolument pas prise en considération.
L’objectif de notre fondation est de venir en aide à ces enfants, à travers eux leur famille, en leur apportant un peu d’humanité.
Notre priorité est de les nourrir, les soigner, les éduquer, pour leur assurer un avenir meilleur.
Nous avons choisi le nom dans notre dialecte le Kihavu « NABO BANA BANI » . En swahili, une des quatre langues nationales la plus parlée à l’Est : « WAO PIA WATOTO WANGU » . En français, notre langue officielle : « ILS SONT AUSSI MES ENFANTS » . En anglais : « THEY ARE ALSO MY CHILDREN » .
Vous avez compris les motifs de ce choix : prendre soin, avoir pitié d’eux comme si c’étaient les miens qui subissaient un tel sort afin de leur venir en aide, leur rendre leur dignité humaine.
Pour atteindre notre objectif nous avons besoin de vous.
Faisons nôtres ces dictons : « Ce sont plusieurs gouttes d’eau qui forment un océan », « Si les fourmis se rassemblent, elles peuvent soulever un éléphant », « L’union fait la force ».
Pour les croyants parmi nous : « Dieu a besoin du peu que vous avez pour le multiplier ». Il a fallu cinq pains et deux poissons qu’avait un jeune à disposition et que l’on a présentés au Christ pour qu’il les multiplie et accomplisse un miracle. Tous mangèrent à leur faim. Avec le reste ils remplirent douze paniers, symbole de la totalité, de l’universalité de la plénitude pour nourrir le reste du monde. Jn 6, 1-15.
Alors ne dites pas : « qu’est-ce que le peu que j’ai pour tous ces enfants ? »
Apportez-le, Dieu en fera un miracle, vous contribuerez avec lui au salut de ces enfants.
Merci de votre soutien
P. Claude AKILI
Président de la Fondation.